Tuesday, April 14, 2026

Burundi : Une loi taillée sur mesure contre certains retraités

Burundi : Une loi taillée sur mesure contre certains retraités

Bujumbura, le 14 Avril 2026, Gako News –Blog Ceux qui ne sont pas concernés aujourd’hui le seront demain, y compris ceux qui sont dans les différentes institutions. La loi ne devrait pas subir des amendements chaque fois pour la tailler sur mesure et pour les besoins de la cause, quand leur tour viendra. Tels sont les propos de Kobako Gaspard en commentant une nouvelle loi ‘’ injuste’’ contre les retraités du 30 juin 2023.

Kobako Gaspard, Psdt du parti AND-iNTADOHOKA,
le 14 Avril,B.Julien

Dans leurs séances respectives du 27 février 2026 pour l’Assemblée Nationale et du 03 avril 2026 pour le Sénat, les deux Institutions ont voté à l’unanimité la nouvelle loi défendue bec et ongle  par le  Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale  qui révise celle précitée qui n’a jamais connu 2026d’application, six ans durant.

Le Président du parti AND-Intadohoka et signataire du communiqué rendu public le 13 Avril 2026 nuance : Il s’agit d’un pas franchi certes, même si sa révision constitue un rétropédalage. Ce rythme de deux mois de délibérations devrait se maintenir ou s’accélérer pour rattraper le temps perdu, dans la mise ne œuvre des 75% constituant le scenario minimal, tel qu’annoncé par le Président Evariste Ndayishimiye le 1er décembre 2025, car ils découlent d’une étude préalable. 

La proposition des 50% par le Ministre ayant la Sécurité Sociale dans ses attributions, même si elle constitue une sorte d’avancée par rapport aux 30% environ que reçoivent les retraités du 30 juin 2023, ne saurait s’appliquer du fait qu’il est en deçà des 60% statutaires, donc consacrant un droit acquis, que perçoivent chaque mois les retraités d’avant cette date et ceux qui les ont succédés. C’est naturellement injuste et non fondé!

Au sein de ce parti, les articles qui ont été sujets à révision : 4, 6 et 9 et leurs alinéas 3 et 4 constituaient l’épine dorsale de la loi n’ayant pas trouvé d’application mais Kobako cite Jean de la Fontaine, « ils ne mourraient pas tous, mais étaient tous atteints ». Ceux qui ne sont pas concernés aujourd’hui le seront demain, y compris ceux qui sont dans les différentes institutions. La loi ne devrait pas subir des amendements chaque fois pour la tailler sur mesure et pour les besoins de la cause, quand leur tour viendra.

Kobako regrette que le processus de promulgation de la nouvelle loi n’a pas été accélérée pour que le Chef de l’Etat qui en a fait la promesse d’environ 100% de pension équivalente au dernier salaire le 20 janvier 2020 lors de son investiture,  puisse se réaliser le 1er mai 2026, en tenant compte de toutes les régularisations en termes de : (a) octroi des primes de fidélité de : 15 ans, 25 ans et 30 ans aux retraités ayant droits, dont les listes se trouvaient déjà au ministère ayant les finances dans ses attributions, des acquis somme toute. (b) Une restitution des cotations de mérite depuis l’année de blocage en 2016 pour permettre l’application des 34% de primes forfaitaires, annoncés puis appliqués une année plus tard, ce qui a occasionné des arriérés comme lors des années antérieures durant lesquelles des blocages semblables ont eu lieu; étant entendu que les décisions entrent en vigueur le jour le leurs signatures. Ces 34%s équivalaient à un ajustement au taux de dévaluation du franc burundais de l’époque, plutôt qu’une véritable augmentation. (c) Un octroi des pensions aux survivants jusqu’à la période de décès des ayant droits et, enfin, un octroi des cotations des années 20-21, 21-22 et 22-23 est un impératif. (d) On ne saurait passer sous silence la régularisation des diplômes acquis sur autorisation de l’Etat : certificats et diplômes.

Le parti AND-Intadohoka suggère que les 7 milliards budgétisés servent, dans un premier temps, à éponger des crédits non remboursés par des retraités renvoyés précipitamment, sans tenir compte de leurs engagements bancaires jusqu’à la limite d’âge de 65 ans, sachant que les pensions ne sont ni « cessibles ni saisissables ». C’est d’autant plus fondé que c’est l’Etat qui en est le garant et le parrain, afin que leurs titres de propriétés pris en otage, soient libérés pour être sécurisés par leurs propriétaires comme le recommande la loi en vigueur. Un délai de prolongation devra leur être accordé après leur récupération.

Le communiqué ajoute qu’Il n’appartient pas aux banques de mener cette opération comme l’a suggéré le porte-parole du ministère ayant la Sécurité Sociale dans ses attributions, au stade de Gatwaro le 23 mars 2026. Cela ne relève ni des pratiques bancaires ni des conventions entre les banques et leurs clients.

Il recommande à l’Etat d’éviter des fonds perdus qui se content a des centaines millions de dollars via organisations qui ne remplissent pas leurs missions premières, tel que  l’a révélé le Ministre des finances, Alain Ndikumana, depuis fin 2025.

Ce parti  soutient une progression dans l’octroi des pensions en trois temps, à raison d’une augmentation de 15%, par rapport aux 60%, tels qu’annoncés par le Ministre des finances, qui sont déjà un acquis statutaire pour ceux d’avant le 30 juin 2023, soit : 75 %, 85% jusqu’à 100%, à chaque révision budgétaire.

Des membres actuels et futurs du gouvernement doivent s’interdire de légiférer au rabais, comme cela s’est produit avant, et surtout avec les retraités du 30 juin 2023, qui sont devenus des cobayes, clôture le communiqué l’ancien combattant.


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